Com­mu­niqué de presse de Pâques 2020

Fêter Pâques sans lap­ins? 

Les Jeunes vert’libéraux (jvl) ont tourné une vidéo où  l’on voit un lapin en choco­lat se faire couper la tête, pub­liée sur les réseaux soci­aux. La jeunesse du par­ti veut en effet attir­er l’at­ten­tion de l’opinion publique sur le fait qu’en Suisse,  plus de 1 600 lièvres des champs sont abat­tus par an et cela même s’il s’agit d’une espèce men­acée.

Com­bi­en de temps les lap­ins vont-ils encore vis­iter nos jardins à Pâques ? Bien que le lièvre brun soit classé comme “vul­nérable” sur la liste rouge des espèces men­acées, les sta­tis­tiques de chas­se mon­trent qu’en 2018, 1 661 lièvres bruns ont été abat­tus en Suisse. Pour les jvl, c’est clair : les espèces ani­males men­acées doivent être pro­tégées, pas abattues à volon­té !

Dans le cadre de la révi­sion de la loi sur la chas­se, sur laque­lle les électeurs devraient se pronon­cer à l’au­tomne 2020, la chas­se au lièvre brun con­tin­uera d’être autorisée. Par ailleurs,  le lièvre n’est pas la seule espèce men­acée qui con­tin­uera à être chas­sée. Le lagopède blanc, le mag­nifique tétras lyre, mais aus­si la timide bécasse des bois ne seront pas non plus à l’abri des tirs. Pire encore : la nou­velle loi sur la chas­se affaib­lit de façon générale la pro­tec­tion des espèces et le droit de porter plainte des organ­i­sa­tions envi­ron­nemen­tales. À l’avenir, le lynx, le cas­tor, le bou­quetin et le loup pour­raient être abat­tus beau­coup plus facile­ment.

Pour pro­téger les lièvres, nous devons égale­ment repenser la façon de cul­tiv­er les ter­res. L’a­gri­cul­ture inten­sive, avec des péri­odes de fauche de plus en plus fréquentes et des paysages avec des mono­cul­tures, n’of­frent pra­tique­ment pas de cachette aux lièvres. Il faut au con­traire encour­ager les pro­duc­teurs qui font déjà des efforts con­séquents pour pro­téger la bio­di­ver­sité et soutenir les autres dans leur tran­si­tion. Dans un passé proche, les chas­seurs suiss­es abat­taient env­i­ron 70 000 lièvres par an, mais grâce à l’habi­tat naturel préservé de l’époque, cela n’avait pra­tique­ment aucun impact sur les pop­u­la­tions de lièvres.

Il reste de l’espoir pour le lièvre brun. Selon une étude de la sta­tion ornithologique de Sem­pach, une den­sité moyenne de 16 lièvres bruns par km² a pu être remar­quée dans une zone agri­cole très préservée du Klettgau, den­sité 5 fois supérieure à la moyenne suisse. Afin de pro­téger effi­cace­ment le lièvre, les ter­res agri­coles util­isées de manière inten­sive néces­si­tent au moins 5 % de zones de pro­tec­tion de la bio­di­ver­sité, telles que des ban­des de fleurs sauvages, des prairies rich­es en espèces ou des haies. En 2014, ce chiffre n’é­tait cepen­dant que de 0,6 % dans toute la Suisse — bien trop peu pour le lièvre brun. Avec la réori­en­ta­tion de la poli­tique agri­cole en 2022, le Par­lement a désor­mais le pou­voir de pro­téger plus effi­cace­ment les espèces men­acées en encour­ageant mas­sive­ment le développe­ment de l’agriculture durable, seule façon de cul­tiv­er l’avenir.

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Con­tact

Ana Fontes Mar­tins, Co-prési­dente JVL Suisse:

+41 77 434 26 34

ana.fontesmartins@vertliberaux.ch

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