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Com­ment réformer le sys­tème de retraite ?
7 propo­si­tions des JVL

L’ob­jec­tif du pre­mier pili­er (AVS) est de garan­tir le min­i­mum vital des ren­tiers. C’est une assur­ance sociale qui est financée par le sys­tème de répar­ti­tion. Le pre­mier pili­er prévoit une redis­tri­b­u­tion des richess­es aux pau­vres. Le deux­ième pili­er (fond de pen­sion) est des­tiné à assur­er le niveau de vie habituel. Chaque per­son­ne doit cotis­er à son pro­pre fond de pen­sion. Aucune redis­tri­b­u­tion n’est prévue.

Aujour­d’hui, cepen­dant, le 2e pili­er est redis­tribué, des employés act­ifs aux retraités d’une part, et, d’autre part, il y a une redis­tri­b­u­tion mas­sive des fonds cotisés volon­taire­ment vers les fonds du régime oblig­a­toire. En d’autres ter­mes, l’ar­gent passe des jeunes aux per­son­nes âgées, et des revenus élevés aux revenus faibles. Le taux de con­ver­sion mas­sive­ment réduit des avoirs des caiss­es de retraite de coti­sa­tions volon­taires assure — avec la redis­tri­b­u­tion des tra­vailleurs act­ifs vers les retraités — le taux de con­ver­sion trop élevé de 6,8 %. Bien que cela n’ait jamais été prévu. Cha­cun devrait économiser son pro­pre 2e pili­er.

Les Jeunes vert’libéraux sou­ti­en­nent le sys­tème des trois piliers dans le domaine des retraites. Nous pro­posons donc les mesures suiv­antes pour restruc­tur­er les fonds de pen­sion :

assurance vieillesse et survivants

Dis­cuter du droit de souscrip­tion à l’AVS : L’AVS est en déséquili­bre. Nous n’avons pas eu de réforme depuis 20 ans : il est évi­dent que nous avons besoin de nou­velles solu­tions. Le fait est que l’AVS dépense plus d’ar­gent qu’elle n’en gagne. Nous devons réfléchir à l’op­por­tu­nité d’in­tro­duire un pla­fond pour les presta­tions. La redis­tri­b­u­tion a tou­jours été un principe de l’AVS, c’est pourquoi nous sommes prêts à ren­forcer ce principe dans le pre­mier pili­er. Toute­fois, les droits de souscrip­tion ne devraient être ajustés qu’en com­bi­nai­son avec les réformes struc­turelles des pre­mier et deux­ième piliers (voir points ci-dessous). Par exem­ple, toute per­son­ne ayant aujour­d’hui un revenu d’un demi-mil­lion et des act­ifs de 5 mil­lions recevra l’AVS — bien que dans ce cas, cela ne soit pas néces­saire pour assur­er son min­i­mum vital.

Pas de retraite oblig­a­toire : Aujour­d’hui, vous êtes automa­tique­ment mis à la retraite à 64 ou 65 ans — à moins que vous ne résistiez. Même si vous souhaitez tra­vailler plus longtemps, il n’est pas pos­si­ble de dif­fér­er l’AVS de plus de cinq ans. Et il n’est pos­si­ble de touch­er une pen­sion que deux ans au max­i­mum avant la retraite. Nous voulons ren­dre la retraite plus flex­i­ble, d’une part, et abolir la retraite oblig­a­toire, d’autre part. Toute per­son­ne qui souhaite pren­dre sa retraite devrait pou­voir le faire en s’in­scrivant sim­ple­ment auprès de l’AVS. Toute per­son­ne qui ne s’in­scrit pas parce qu’elle veut con­tin­uer à tra­vailler ne devrait pas avoir droit aux presta­tions. La retraite ne doit pas rester une con­trainte implicite par le biais d’un mécan­isme automa­tique, mais doit être une déci­sion libre. Toute per­son­ne qui souhaite pren­dre sa retraite avant l’âge de référence doit pou­voir le faire. Toute­fois, plus il prend sa retraite tôt, plus la part de la rente AVS sera réduite. Toute per­son­ne qui con­tin­ue à tra­vailler après avoir atteint l’âge de référence doit béné­fici­er d’une réduc­tion d’im­pôt sur ses revenus pro­fes­sion­nels. Cela devrait égale­ment ren­dre finan­cière­ment intéres­sant la con­ti­nu­ité du tra­vail après le dépasse­ment de l’âge de référence.

Aug­men­ta­tion pro­gres­sive et adap­ta­tion de l’âge de la retraite : L’âge de référence pour les hommes et les femmes doit être pro­gres­sive­ment relevé chaque année de 3 mois pour les hommes et de 4 mois pour les femmes (jusqu’à ce qu’il atteigne le même âge que les hommes) pour attein­dre 67 ans. Cette mesure vise à tenir compte de l’aug­men­ta­tion de l’e­spérance de vie et à con­tribuer à la restruc­tura­tion des fonds de pen­sion. La retraite anticipée devrait être pos­si­ble pour tous, comme décrit au point 2. Des règles spé­ciales devraient con­tin­uer à s’ap­pli­quer pour les pro­fes­sions où le niveau de stress ou de péni­bil­ité est par­ti­c­ulière­ment élevé, comme les maçons.

Génér­er des com­pen­sa­tions sup­plé­men­taires : La taxe sur la valeur ajoutée doit être aug­men­tée de 0,3 point en faveur de l’AVS. Ain­si, le grand pub­lic con­tribuera à la restruc­tura­tion de l’AVS. Les coti­sa­tions salar­i­ales ne doivent pas être aug­men­tées davan­tage, car cela se ferait au détri­ment des jeunes act­ifs.

Caisse de pension

Dépoli­tis­er le taux de con­ver­sion : Le taux de con­ver­sion est une valeur math­é­ma­tique et doit donc être dépoli­tisé. Il doit être cal­culé par un comité d’ex­perts sous la sur­veil­lance du Con­seil Fédéral et être con­traig­nant pour les caiss­es de pen­sion.

Pas de redis­tri­b­u­tion dans le deux­ième pili­er : Les assurés doivent béné­fici­er pleine­ment du cap­i­tal accu­mulé de la caisse de retraite. Un finance­ment externe au sys­tème ne devrait pas être pos­si­ble. Aujour­d’hui, env­i­ron 7 mil­liards sont redis­tribués chaque année depuis les act­ifs aux seuls retraités — bien que le deux­ième pili­er doive être financé par le sys­tème par cap­i­tal­i­sa­tion et qu’au­cune redis­tri­b­u­tion ne soit prévue.

Ajuste­ment de la déduc­tion de coor­di­na­tion : Les bas salaires et les salaires des tra­vailleurs à temps par­tiel devraient être (mieux) assurés. La con­séquence en est la pau­vreté des per­son­nes âgées, qui touche surtout les femmes qui n’ont tra­vail­lé qu’à temps par­tiel tout en éle­vant leurs enfants. La déduc­tion de coor­di­na­tion doit donc être réduite. Elle devrait s’élever à 40 % du salaire, avec un min­i­mum de 14 100 CHF et un max­i­mum de 21 150 CHF.

Avec cette propo­si­tion, l’AVS rem­plit son objec­tif qui con­siste à assur­er le min­i­mum vital — pour tous ceux qui ont besoin d’une telle garantie de l’É­tat — sans dépenser de l’ar­gent à la sauvette. Cela sig­ni­fie toute­fois que le deux­ième pili­er devra renon­cer au finance­ment non sys­témique — c’est-à-dire à la redis­tri­b­u­tion — et que des mesures de restruc­tura­tion urgentes seront mis­es en œuvre dans le pre­mier pili­er.

La propo­si­tion d’une lim­ite de référence est une con­ces­sion dans une sit­u­a­tion d’im­passe en com­pen­sa­tion des exi­gences struc­turelles. Mais elle tient égale­ment compte du cre­do libéral : autant d’É­tat que néces­saire, mais aus­si peu que pos­si­ble. La répar­ti­tion des presta­tions selon le principe de l’ar­rosoir peut être remise en ques­tion même dans le cadre d’un régime d’as­sur­ance sociale.

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